Pour la énième fois je passe dans cette rue. "Merhaba", "Hoşgeldiniz", me crient les rabatteurs pour la millième fois. J’aimerais bien qu’ils arrêtent, pour ne plus me sentir comme tous les autres touristes.
Enfin Cihangir, là au moins les barmen du Babel me reconnaissent. Je reçoit un texto: "I am at the tea place".
Je rebrousse chemin. Pour trouver la place il faut entrer dans la deuxième allée après le Pera Aznavur. On dirait un bazaar comme les autres, avec des bijoux, vêtements, peluches en tout genre comme ce singe qui dit "I love you" toutes les deux minutes.
Au bout de l’allée la place, le ciel revient. Une cinquantaine de petites chaises et tables pour boire le thé.
Bahar est là, ses grands yeux verts me fascinent toujours.
Je lui dis que je pars, elle me dit que je reviendrais. Elle le sait, c’est tout. Elle se marre en voyant mes photos prises par des photographes de Kadiköy. Bien que je sois habillée ça lui rappelle des images pornos kitsch. Je lui en dédicace une, qu’elle mettra sur la porte du studio de danse.
"Voici donc, enfin, la définition de l'image, de toute image: l'image, c'est ce dont je suis exclu".
Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux, Paris, Seuil, p157.
http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/08/cindy-sherman.html
http://www.google.com/imgres?hl=fr&gbv=2&biw=1347&bih=565&tbm=isch&tbnid=1fBgEkjUrZpRrM:&imgrefurl=http://www.parallax8.com/authors/danielle-head/if-you-can-think-it-you-can-photograph-it&docid=2wufXkBFzkrLWM&imgurl=http://www.parallax8.com/wp-content/uploads/2010/08/Martin-Parr-1.jpg&w=322&h=400&ei=DlNCT_rvDqqk0QWB8ZmPDw&zoom=1&iact=rc&dur=250&sig=103841981629500796675&page=1&tbnh=163&tbnw=131&start=0&ndsp=27&ved=0CFoQrQMwBg&tx=63&ty=132
Elle sera à Rivoli dans deux mois, j’aimerais la revoir.
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