dimanche

Nos cages

Yilmaz Güney, depuis la prison à Ankara, avait écrit des romans et un film. Il s'est enfui de la prison, et s'est réfugié en France. Ici il a écrit et réalisé "Duvar"("Le mur"). Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à côté d'Ahmet Kaya. On était allé le voir avec Ilker, il lui à écrit un mot : "De la part du petit fils de Muharrem Can".

Le Grand-père d'Ilker était dans la mafia, Yilmaz Güney voulait faire un film sur lui, il est mort avant. Ce qu'il nous reste de Muharrem: Un livre : "Bizim Kafes" ("Nos cages"), et un album photo. La plupart ont étés prises en prison. Il est grand, chauve, avec des yeux bleus et des épaules très larges. Souvent il regarde ailleurs.

Dans le pub oû il travaille, Ilker à rencontré un homme qui était en prison avec Yilmaz Güney, il connaissait son Grand-père. La même nuit, je me suis réveillée. Je trouvais qu'il faisait trop sombre. Une lumière près de ma tête m'a fait sursauter, j'ai secoué la couverture, alors la lumière a couru sur le tapis. En allumant je vit un mille patte petit comme un ver. Je l'ai enfermé sous un verre dans la cuisine, dans le noir, enfumant une cigarette, en attendant qu'il refasse de la lumière.

Ilker m'a dit le lendemain que parfois les nuits étaient étrangement enceintes aux événements uniques.


lundi

On coupe bien les arbres

De la fenêtre de notre chambre à Istanbul, on voyait un prunier. Il était grand, cachait l'immeuble d'en face, et abritait toute une faune.

Sur un toit la nuit, on voyait le Bosphore et Gezi park, vide. Avec des bières à la main, une musique de boite de nuit pas loin version arabesque. Kamil, un peintre, me disait: "Je n'ai pas pu peindre, je n'ai pas pu participer aux manifestations, ni refuser d'y participer vraiment, je n'ai pas pu accepter de ne rien pouvoir faire du tout". Les mouvements de foule lui posent problème, qu'elles qu'en soient les raisons.

 La seule fois où j'ai pu hurler en levant le poing, c'était pour dire "Katil, Polis", ("Police, assasin").

La nuit à Kadiköy, alors que la biennale battait son plein, on ne pouvait pas dormir. Il y avait du gaz jusque dans le lit, et des explosions de bombe sonores. Je faisait des plans pour sauter par la fenêtre jusque dans le figuier si jamais les flics entraient chez nous, comme ils l'avaient fait avec l'immeuble d'en face qui abritait des manifestants. Il y en avait vingt dans notre salon, et le prunier avait été coupé peu de temps avant.

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