lundi

On coupe bien les arbres

De la fenêtre de notre chambre à Istanbul, on voyait un prunier. Il était grand, cachait l'immeuble d'en face, et abritait toute une faune.

Sur un toit la nuit, on voyait le Bosphore et Gezi park, vide. Avec des bières à la main, une musique de boite de nuit pas loin version arabesque. Kamil, un peintre, me disait: "Je n'ai pas pu peindre, je n'ai pas pu participer aux manifestations, ni refuser d'y participer vraiment, je n'ai pas pu accepter de ne rien pouvoir faire du tout". Les mouvements de foule lui posent problème, qu'elles qu'en soient les raisons.

 La seule fois où j'ai pu hurler en levant le poing, c'était pour dire "Katil, Polis", ("Police, assasin").

La nuit à Kadiköy, alors que la biennale battait son plein, on ne pouvait pas dormir. Il y avait du gaz jusque dans le lit, et des explosions de bombe sonores. Je faisait des plans pour sauter par la fenêtre jusque dans le figuier si jamais les flics entraient chez nous, comme ils l'avaient fait avec l'immeuble d'en face qui abritait des manifestants. Il y en avait vingt dans notre salon, et le prunier avait été coupé peu de temps avant.

http://occupygezipics.tumblr.com/


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