samedi

Vers le pont du canal


En marchant vers le canal.

Avant de traverser le pont, il y avait un chemin qui longeait un petit parc, plutôt une étendue d’herbe. À l’entrée du chemin, près d’un passage piéton, il y avait une vieille femme assise sur une chaise. La chaise faisait un angle un peu face au chemin et face a un grillage. Ses pieds touchaient le grillage. De l’autre côté, après l’herbe, une route a trois voies et des immeubles.

Un peu plus tard elle se mis à marcher, avec la chaise au bout du bras gauche.

vendredi

Stranded in the metro


Dans le métro, le jour d’après, en allant à Louise.
Elle a dix ans, peut être moins, mais son regard semble beaucoup plus âgé. Sa mère à l’air jeune, elle a de longs cheveux lisses, attachés en queue-de-cheval. Elles sont toutes les deux habillées en rose. La mère a les sourcils un peu froncés, de vigilance et non d’inquiétude semblerait-il, elle regarde devant elle. J’aurai pu croire qu’elles étaient sœurs mais chaque mouvement que l’une a pour l’autre me pousse à penser que c’est faux. La fille regarde par la vitre du métro, elle s'agite et pose plein de questions, auxquelles elle n'attend pas de réponses, comme si elle voulait juste montrer qu'elle était là. Il n’y a aucune douceur enfantine dans sa voix.
Parfois la mère pose sa main sur sa jambe, sans la regarder. Alors sans la regarder non plus la petite fille rejette la main, comme un réflexe. La mère ne réagit pas.

Un groupe de jeunes filles montent dans le même wagon, et s’asseyent en face d’elles, une autre est debout à côté. Elles parlent fort, elles ont quinze ans à peine. Elles se racontent des anecdotes, lisent des textos reçus.
La petite fille est plus calme et les regarde, ses yeux semblent impressionnés, elle ne bouge plus dans tous les sens. Elle boit un jus d’orange trouvé dans le sac de sa mère, avec une petite paille. Elle s’assied en tailleur, droite sur la chaise en plastique. Elle ne rejette pas la main que sa mère pose sur elle. Sa mère la regarde, sourit un peu.

http://www.youtube.com/watch?v=M1eDzz5fKio

"La conviction qu’en regardant patiemment ce que les autres ignorent, ou dont ils se désintéressent, on peut voir des choses intéressantes".


Richard Woodward à propose de Stranded in Canton, de William Eggelston.

mercredi

Ostende-Bruxelles

Le train démarre, un couple s’assied en face de moi, essoufflé. Ils ont couru avant de monter dans le train, et ont beaucoup de bagages. Ils ont environs quarante ans.
Les lunettes Pierre Cardin de la femme sont un peu retombées sur son front, elle les relève dans ses cheveux, ils s’emmêlent un peu. Elle laissera les lunettes dans les cheveux emmêlés durant tout le trajet.
Elle dit avec un grand sourire:

- "J’ai jamais pris un train comme ça". En insistant sur le jamais. Elle est essoufflée longtemps et sourie beaucoup, les yeux grands ouverts.

L’homme qui l’accompagne est impressionné du peu de temps qui leur aurait fallu pour rater ce train. Il énumère les incidents qui ont ralenti leur course, et ceux qui leur ont permis d’arriver à temps.

Deux jeunes hommes traversent notre wagon, ils parlent fort. Ils cherchent une place, mais n’en trouvent pas. Ils sont énervés. Ils trouvent un peu plus tard deux places à côté du carré ou le couple est assis en face de moi. Un des garçons téléphone à un ami, lui raconte qu’il sort de garde à vue, qu’il a volé beaucoup de vêtements. Il raconte ensuite à celui qui l’accompagne que sa sœur est droguée, qu’il doit aller la voir. Ils boivent de la bière, et vont fumer des cigarettes dans le couloir d’entrée du wagon.