vendredi

BMW

Hôtesse, sur un stand du salon de la moto. Un commercial me demande:
-"Et sinon, tu fais quoi dans la vie?
- Ben, ça.
- Non mais dans l'autre. Dans l'autre vie."

Elles se lèvent tôt, parfois très, le matin. Souvent en tailleur, on mettra le rouge à lèvre à l'arrivée, sinon ça porte à confusion à une heure pareille. (Un automobiliste à demandé à M. si elle connaissait une certaine ?, 6h00 du matin vers place d'Italie. Non, non, je vais juste à la BNF pour mettre des manteaux sur des cintres).



mercredi

Rihanna, ou l'exercice de littérature d'il y a deux ans


Mon simulateur d’aube me réveille doucement, sept heure du matin dans ma chambre, une douce lumière éclaire mon visage. Dehors il fait nuit, c’est la tempête.
Le blanc d’hier balance mon crâne dans la pièce, les sulfites paraît-il. J’aurais dû en prendre un Bio et cher.
Sur ma table de chevet mon sauveur : j’avale un dafalgan, un gramme de paracétamol devraient m’aider à sortir du lit.
Je me rends compte que je n’ai même pas pris la peine d’enlever mes bas up en me couchant, ni mon snood ni mon push-up. Par contre ma robe en modal est en boule au pied du lit. Je suis rentrée seule. Encore heureux, même mon miroir n’aime pas ma dégaine.

En me connectant via mon Iphone je réalise que j’ai tweeté toute la nuit, la soirée devait vraiment être nulle. Ma mère m’appelle sur skype, je lui dis d’attendre ma résurrection sur le chat. Elle me répond qu’elle reçoit toujours mes mails dans ses spams, et que c’est sûrement à cause de ma tendance à regarder des films en streaming. Depuis qu’elle a entendu parler de piratage de boîte mail elle se sent épiée.

Je me tube une cigarette, en me faisant couler un Nespresso et un bain. Les bas et le reste s’envolent, rêve de retour à l’état fœtal.

Je fais mousser me cheveux avec mon shampoing à l’aloé vera, mais pas de palmier autour, la publicité est mensongère. Mon ficus fait l’affaire.
Le café me réchauffe de l’intérieur.
Les restes de maquillage et d’alcool nicotiné s’en vont avec  mon gel à l’acide salicylique. Je termine ma purification en frottant mon corps avec mon gant en lufa. Sur le gel douche, il est écrit : « sans paraben », le cancer ne m’aura pas .

Pas celui des seins en tout cas.

J’essaye de faire disparaître ce qui ressemble à de la cellulite avec une bonne couche de crème à la caféine lx et ginkgo biloba.

J’enfile ensuite un pull et un jean, un boot cut fera l’affaire, il va bien avec mon trench.
Je tartine mon pain avec de la margarine aux oméga trois, avale un yaourt au bifidus actif en buvant un actimel au L.casei, en regardant les derniers buzz vidéos sur you tube.
Sur facebook je réalise que j’ai poké la moitié de mes contacts hier, vie de merde.

Le dernier clip de Rihanna me plonge dans une douce mélancolie confirmé par la grèle sur mon vélux, pendant que je me brosse les dents avec du xylite.
« We found love in a hopeless place » dit-elle.
Tout ne serait donc pas perdu.

Mon CDI de technicienne de surface m’attend, j’allume le starter de ma voiture et mon gps pour me sentir moins seule, en canadien cette fois. J’aime bien sa voix.
En me prenant mon habituel cassis raz le pare-choc je pense à demain.

samedi

Lightsoldiers

Il est des émotions intactes même après un certains temps passé, même après la répétition.
Je suis retombée sur la vidéo de David Martello. On a entendu dire un jour que quelqu'un avait emmené un piano sur la place de Taksim. Le lendemain il y avait cette vidéo sur facebook.

http://www.youtube.com/watch?v=HMGqKYlBVxM

Pendant la nuit blanche à paris, l'artiste Fujiko Nakaya a installé un de ses nuages place de la Révolution. Reflex de retenir son souffle en fermant les yeux, comme lors des bombardements chimiques dans les rues d'Istanbul, l'angoisse aussi.
Et au lieu d'écrire place de la République je lapsus Révolution.

http://www.telerama.fr/scenes/video-comme-dans-un-nuage-place-de-la-republique,103256.php

dimanche

Nos cages

Yilmaz Güney, depuis la prison à Ankara, avait écrit des romans et un film. Il s'est enfui de la prison, et s'est réfugié en France. Ici il a écrit et réalisé "Duvar"("Le mur"). Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à côté d'Ahmet Kaya. On était allé le voir avec Ilker, il lui à écrit un mot : "De la part du petit fils de Muharrem Can".

Le Grand-père d'Ilker était dans la mafia, Yilmaz Güney voulait faire un film sur lui, il est mort avant. Ce qu'il nous reste de Muharrem: Un livre : "Bizim Kafes" ("Nos cages"), et un album photo. La plupart ont étés prises en prison. Il est grand, chauve, avec des yeux bleus et des épaules très larges. Souvent il regarde ailleurs.

Dans le pub oû il travaille, Ilker à rencontré un homme qui était en prison avec Yilmaz Güney, il connaissait son Grand-père. La même nuit, je me suis réveillée. Je trouvais qu'il faisait trop sombre. Une lumière près de ma tête m'a fait sursauter, j'ai secoué la couverture, alors la lumière a couru sur le tapis. En allumant je vit un mille patte petit comme un ver. Je l'ai enfermé sous un verre dans la cuisine, dans le noir, enfumant une cigarette, en attendant qu'il refasse de la lumière.

Ilker m'a dit le lendemain que parfois les nuits étaient étrangement enceintes aux événements uniques.