Mon simulateur d’aube me réveille doucement, sept heure du
matin dans ma chambre, une douce lumière éclaire mon visage. Dehors il fait
nuit, c’est la tempête.
Le blanc d’hier balance mon crâne dans la pièce, les
sulfites paraît-il. J’aurais dû en prendre un Bio et cher.
Sur ma table de chevet mon sauveur : j’avale un
dafalgan, un gramme de paracétamol devraient m’aider à sortir du lit.
Je me rends compte que je n’ai même pas pris la peine
d’enlever mes bas up en me couchant, ni mon snood ni mon push-up. Par contre ma
robe en modal est en boule au pied du lit. Je suis rentrée seule. Encore
heureux, même mon miroir n’aime pas ma dégaine.
En me connectant via mon Iphone je réalise que j’ai tweeté
toute la nuit, la soirée devait vraiment être nulle. Ma mère m’appelle sur
skype, je lui dis d’attendre ma résurrection sur le chat. Elle me répond
qu’elle reçoit toujours mes mails dans ses spams, et que c’est sûrement à cause
de ma tendance à regarder des films en streaming. Depuis qu’elle a entendu
parler de piratage de boîte mail elle se sent épiée.
Je me tube une cigarette, en me faisant couler un Nespresso
et un bain. Les bas et le reste s’envolent, rêve de retour à l’état fœtal.
Je fais mousser me cheveux avec mon shampoing à l’aloé vera,
mais pas de palmier autour, la publicité est mensongère. Mon ficus fait
l’affaire.
Le café me réchauffe de l’intérieur.
Les restes de maquillage et d’alcool nicotiné s’en vont
avec mon gel à l’acide
salicylique. Je termine ma purification en frottant mon corps avec mon gant en
lufa. Sur le gel douche, il est écrit : « sans paraben », le
cancer ne m’aura pas .
Pas celui des seins en tout cas.
J’essaye de faire disparaître ce qui ressemble à de la
cellulite avec une bonne couche de crème à la caféine lx et ginkgo biloba.
J’enfile ensuite un pull et un jean, un boot cut fera
l’affaire, il va bien avec mon trench.
Je tartine mon pain avec de la margarine aux oméga trois,
avale un yaourt au bifidus actif en buvant un actimel au L.casei, en regardant
les derniers buzz vidéos sur you tube.
Sur facebook je réalise que j’ai poké la moitié de mes
contacts hier, vie de merde.
Le dernier clip de Rihanna me plonge dans une douce
mélancolie confirmé par la grèle sur mon vélux, pendant que je me brosse les
dents avec du xylite.
« We found love in a hopeless place » dit-elle.
« We found love in a hopeless place » dit-elle.
Tout ne serait donc pas perdu.
Mon CDI de technicienne de surface m’attend, j’allume le
starter de ma voiture et mon gps pour me sentir moins seule, en canadien cette
fois. J’aime bien sa voix.
En me prenant mon habituel cassis raz le pare-choc je pense
à demain.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire