Deux jours plus tard, ma mère m’attend à l’arrivée du train.
Devant sa maison, L’Yonne suit son cour. Il fait une chaleur étouffante, qui me rappelle presque le Venezuela. Caracas, c'était un voyage sans but, sans projet, si ce n'est que le déplacement dans la ville, et faire des photos, de la ville, des gens, peu importe. Pendant près de trois semaines, tous les jours. La pollution et la chaleur alourdissait nos pas, à Wolf et moi. On se levait le matin, Iris nous préparait un petit déjeuner et on décollait toujours vers onze heures alors que le soleil était au plus haut. Plusieurs fois nos pas nous ont emmenés dans les bidonvilles, et au moment où on réalisait le danger, il y avait toujours quelqu'un pour nous dire comment faire demi-tour rapidement. Alors que les locaux que nous avons rencontrés refusaient d'être dehors après la nuit tombée, il nous est arrivé de marcher longtemps encore après le coucher du soleil. Un jour une femme à traversé un pont en courant quand je prenais une photo pour me dire que j'étais inconsciente de sortir un objet si cher, là, comme ça. Elle hurlait presque.
"(…) Une ou plusieurs personnes se livrant à la dérive renoncent, pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir qu’elles se connaissent généralement, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui leur sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent (…)"
Guy Debord, Publié dans Les Lèvres nues n° 9, décembre 1956 et Internationale Situationniste n° 2, décembre 1958.
Guy Debord, Publié dans Les Lèvres nues n° 9, décembre 1956 et Internationale Situationniste n° 2, décembre 1958.
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